Les stratégies REER que tout investisseur dans la soixantaine devrait connaître

Lorsqu’on nous parle de REER, l’attention est souvent concentrée sur l’accumulation d’épargne-retraite à long terme pour les jeunes épargnants et ceux d’âge moyen. Ce n’est pas surprenant, étant donné que ce sont des clients intéressants pour les banques et les sociétés d’investissement car ces derniers accumuleront des investissements pendant de nombreuses années à venir.

Les épargnants dans la soixantaine qui approchent ou qui ont déjà commencé à décaisser leur épargne ont tendance à être ignorés. Mais il existe des stratégies REER qu’ils devraient envisager.

Voyez le RRQ comme un REER

Beaucoup de gens adoptent une mauvaise approche avec leur pension du Régime des rentes du Québec (RRQ). Pour certains, le RRQ est une décision arbitraire. Retraite Québec leur envoie un formulaire de demande juste avant leur 65e anniversaire, ils remplissent les documents, signent sur la ligne pointillée et commencent à recevoir leur pension, sans faire de calculs.

Pour d’autres, le RRQ est un acte de rancune, car ils ont travaillé dur toute leur vie, payant amèrement des impôts en cours de route. Dans leur esprit, après toutes ces années, il est grand temps que le gouvernement leur redonne quelque chose.

Ceux qui prennent une décision arbitraire au sujet de la rente du RRQ ignorent la vraie valeur de leur rente. Pour quantifier cette valeur, considérez que si une personne a droit à la rente maximale du RRQ à 65 ans en 2019, elle devrait avoir accumulé 277 761$ dans un REER procurant un taux de rendement de 4% par année, pour assurer le même revenu. Le tout, supposant que la rente du RRQ augmente chaque année à un taux d’inflation de 2% et que le REER obtient un taux de rendement linéaire dans le temps.

Consulter le tableau des rentes du RRQ

Ainsi, le RRQ peut être votre compte REER de 277 761$, et lorsque vous y pensez en ces termes, le moment de votre décision de retrait du «REER» du RRQ peut changer. Que vous vous retiriez d’autres sources ou que vous commenciez votre RRQ, vous réduisez le revenu futur que vous pouvez gagner de cette source.

Pour chaque mois où vous reportez le début de votre rente de retraite du RRQ après 65 ans, elle augmente de 0,7% et ce, jusqu’à 70 ans. Cela signifie une augmentation de 8,4% par année pour votre rente. Le RRQ étant également ajusté en fonction de l’inflation – 2% par année – soit une augmentation annuelle de 10,4% à reporter après 65 ans.

Cela ne signifie pas que votre «REER» de 277 761$ du RRQ a augmenté de 10,4% si vous reportez d’une année, mais simplement que votre rente ultérieure augmenterait de ce montant. Afin de le quantifier, un REER devrait gagner 7,5% par année de 65 à 90 ans au lieu de 4% pour fournir le même revenu de retraite qu’une pension du RRQ reportée à 70 ans. Pour un investisseur prudent , ou quelqu’un qui pense pouvoir vivre jusqu’à 100 ans et avoir un «rendement» encore plus élevé sur le report, le report du RRQ peut être meilleur que beaucoup d’options d’investissement REER.

Pour un investisseur dont la tolérance au risque est plus élevée et qui s’attend à obtenir un rendement annuel de 6% sur ses placements, recevoir le RRQ maximal à 65 ans, c’est comme avoir un REER de 223 042$ (en supposant une inflation de 2% et une espérance de vie de 90 ans). Le report du RRQ à 70 ans pour cet investisseur à haut risque reviendrait à avoir un rendement de 8,8% au lieu de 6% à vie.

Le report du RRQ peut donc être moins intéressant pour un investisseur ayant une tolérance au risque élevée ou une courte espérance de vie. Ces exemples sont trop simplifiés et ignorent des facteurs comme la prestation de survivant du RRQ pour un conjoint, mais nous espérons que cela renforce le fait que le RRQ ressemble plus à un REER que beaucoup de gens le croient.

Dernières cotisations au REER

Il n’est pas rare que le revenu d’un contribuable diminue à la retraite. C’est l’un des principaux avantages du REER. C’est-à-dire, cotiser dans une année à revenu élevé et retirer dans une année à plus faible revenu.

Dans la soixantaine, si vous travaillez toujours, votre horizon de temps pour profiter des déductions fiscales du REER à un taux d’imposition élevé est limité.

Il n’est pas rare que les gens aient un régime d’épargne d’employeur non enregistré, un régime d’épargne-actions ou d’autres placements qu’ils ont accumulés à l’extérieur d’un REER à l’approche de la retraite. Cela pourrait même inclure un Compte d’épargne libre d’impôt (CELI).

Au cours des dernières années avant la retraite, cotiser à un REER à partir d’autres sources comme celles-ci pourrait être une dernière chance d’utiliser vos cotisations REER inutilisées. C’est avantageux même si vous devez ensuite retirer un REER la toute première année de votre retraite si votre revenu à la retraite est plus faible.

Retraits

Personne n’aime payer d’impôt, et les épargnants à un REER bénéficient d’économies d’impôt grâce à leurs cotisations. À la retraite, il peut sembler contre-intuitif de prendre ensuite des retraits d’un REER lorsque vous n’en avez pas besoin et de payer intentionnellement de l’impôt. Certains retraités préfèrent reporter les retraits de leur REER jusqu’à l’année où il atteignent 72 ans ou croient qu’ils doivent attendre aussi longtemps. Ils se fient plutôt à l’épargne non enregistrée, au CELI ou à leur pension du RRQ pour compléter leurs liquidités dans l’intervalle.

Les retraits anticipés d’un REER entraînent souvent une réduction de l’impôt à vie, des dépenses de retraite potentielles plus élevées et une succession plus importante, en théorie et en pratique.

Votre planificateur financier peut exécuter des simulations de retraite pour comparer le retrait anticipé d’un REER par rapport à l’âge de 72 ans.

En pratique, les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Si un conjoint a besoin de soins de longue durée coûteux, des dépenses imprévues peuvent entraîner des retraits importants de REER sur quelques années à des taux d’imposition élevés si l’épargne-retraite est amassée uniquement dans un REER.

Si un conjoint décède jeune, le survivant aura tous les revenus de pension, de placement et de REER imposés au cours des années subséquentes sur sa seule déclaration de revenus, au lieu d’être répartis sur deux déclarations de revenus pour deux conjoints à un taux d’imposition inférieur.

Si les deux conjoints décèdent jeunes ou possèdent un REER important au deuxième décès des conjoints, jusqu’à 53,3% du REER pourrait disparaître en impôt.

Prendre des retraits anticipés d’un REER ne signifie pas que vous devez dépenser les retraits. Ils peuvent aider à préserver les placements non enregistrés ou à maximiser le CELI pendant autant d’années que possible.

Si un REER est converti en FERR, les retraits peuvent également être partagés avec un conjoint admissible après 65 ans afin de réduire l’impôt familial à payer et peuvent être admissibles au crédit d’impôt de 2 000$ pour le revenu de pension.

Conclusion

Les personnes dans la soixantaine ne reçoivent peut-être pas autant d’attention que les jeunes épargnants de REER, mais les avantages du REER devraient également être un rappel de considérer leurs options.

Maximiser les cotisations à un REER, optimiser les retraits d’un REER et faire le bon choix avec un «REER» du RRQ peut aider à réduire l’impôt, à augmenter le revenu de retraite et à maximiser votre succession.

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